Sidiki Koné, inspecteur de police,

Publié le par MOEURS

Secrétaire à l’organisation de la Fédération

 

’Les  policiers souffraient du manque d’interlocuteur’’

Nous avons approché le secrétaire à l’organisation de la Fédération autonome des syndicats de police, l’inspecteur de police Sidiki Koné. C’était en marge de son Conseil constitutif tenu le 25 novembre dernier au Mémorial Modibo Kéita. Dans l’entretien qui suit, il évoque les conditions ayant présidé à la création  de la  fédération, les ambitions de celle-ci etc.

 

Pourquoi une fédération des syndicats de police ?

 

Depuis juin 2002, le syndicalisme au sein de la police souffrait des luttes intestines. Les rivalités entre leaders syndicaux ont abouti à l’apparition de cette nouvelle forme de syndicalisme. Ainsi, les inspecteurs ont créé leur syndicat.  (J’étais sous-officier de police, en ce moment-là,  et les sous-officiers avaient pensé que c’était une division. Mais, plus tard, nous avons compris que les inspecteurs avaient raison. Ce n’était pas une division mais c’était une situation nouvelle.

Par la suite, le syndicat des commissaires et des sous-officiers est né. Ensemble, les commissaires, les inspecteurs, les sous-officiers ont décidé,  lors d’une rencontre à l’Ecole de police, d’engager une dynamique pour le renouveau du syndicalisme au sein de la police dans l’intérêt de tous les fonctionnaires de police sans exclusion. La nouvelle donne du syndicalisme au sein de la police, c’est de se battre la main dans la main pour les mêmes objectifs par rapport à la défense des intérêts des fonctionnaires de police.

Pensez-vous que la Fédération pourra mettre fin aux luttes intestines que vous avez tantôt évoquées ?

 

Je pense que la Fédération pourra mettre fin à ces luttes parce qu’elle est constituée des trois syndicats. Chacun défendant spécifiquement  les intérêts de ses militants. Un sous-officier ne peut pas comprendre les réalités d’un inspecteur ou les réalités d’un commissaire  et vice versa. Chacun à son niveau, au sein de sa structure de base va essayer d’élaborer une stratégie  de revendication propre. Il reviendra alors à la Fédération , la cellule-mère, de représenter tous les policiers devant les autorités pour parler en leurs noms.  C’est pourquoi, pour nous, cette Fédération autonome est une structure mieux indiquée pour défendre correctement les intérêts des policiers.

Apparemment, la perspective de fédérer les syndicats de police est davantage un vœu pieux, un souhait exprimé par certains, qu’elle n’est véritablement l’expression d’une volonté générale.

 Qu’en pensez-vous ?

Effectivement, comme j’ai eu à le dire, depuis 2002,  les policiers souffraient du manque d’interlocuteur avec les autorités. C’est dans ce contexte que tous les fonctionnaires de police, qui ont le souci réel de l’amélioration de leur condition de vie  et de travail, ont décidé de fédérer pour mieux défendre leurs droits.

Comment comprendre que, depuis 2002 jusqu’à la création de cette fédération, c’est-à-dire l’inter syndical qui a amené la création de ces syndicats, les policiers soient comme des laissés-pour -compte ?

 

Je pense  qu’avec la fédération autonome qui vient d’être mise  en place, nous saurons nous battre pour défendre les intérêts de nos militants et pour instaurer la discipline. La  mission  de cette fédération est d’instaurer d’abord la discipline au sein de la police nationale. Nous allons faire en sorte que tous nos militants respectent la déontologie policière. Après, nous allons réclamer nos droits pour pouvoir permettre à nos militants de vivre convenablement et d’avoir  un environnement sain. Pour pouvoir mieux atteindre nos objectifs qui ne sont autres choses que la défense, la protection des personnes et leurs biens.

Comment comptez-vous collaborer avec l’autre syndicat ?

 

On est convaincu d’une chose, c’est la loi de la majorité. Le syndicalisme, c’est comme la démocratie ! C’est pour dire que  nous nous sommes majoritaires. C’est un bureau homogène qui a été constitué samedi dernier. Toutes les sensibilités y sont représentées. Nous invitons tous les autres camarades, qui n’étaient pas avec nous, de prendre le train en marche.  Sinon il risque d’aller sans eux.  Syndicalement ils ont leur place, s’ils le veulent bien.

En  tant que secrétaire à l’organisation, quel appel avez-vous à lancer aux autres collègues ?

 

Nous sommes de la même police. J’invite tous les fonctionnaires de police, où qu’ils soient de venir avec nous pour qu’on essaie de redorer le blason de policier, d’aller avec la déontologie policière parce que, sans la police, il n’y a pas de démocratie et une police forte a besoin d’un syndicat fort.

Nous pensons que la Fédération autonome des syndicats de police est un syndicat représentatif pour la cause des policiers. Nous ne serons pas un syndicat pour défendre les policiers qui ne veulent pas être respectueux des  règles. Mais plutôt  ceux qui veulent respecter les normes.  

Quel sera le premier combat de la fédération ?

 

Notre premier combat est de faire en sorte qu’il n’y ait plus d’exclu. Le deuxième, c’est la formation et la sensibilisation de nos militants. Que doit faire le policier dans un Etat de droit et que ne doit-il pas faire ?  Ensuite, c’est de faire savoir à nos autorités que nous ne serons pas un syndicat de plus ou un syndicat contre l’administration. Nous acceptons d’être un syndicat avec l’administration dans le respect strict du syndicalisme.   

Quel appel avez-vous  à l’endroit des autorités !

 

Nous sommes ouverts au dialogue. Notre arme, c’est le dialogue. Nous leur demandons d’être sensibles à nos problèmes. Nous venons vers eux en tant que partenaires, non pas comme ennemis. Nos revendications seront dans les possibilités du gouvernement qui doit donner des moyens pour que le délinquant ne puisse avoir le dessus sur le policier.

Entretien réalisé  par Drissa Togola et Chiaka Doumbia

 

 

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