Brigade urbaine pour la protection de l’environnement

Publié le par MOEURS

 

Une odeur de corruption pollue l’atmosphère du marché !

 

Créée, il y a quelques années par le défunt maire du district de Bamako, Moussa Badoulaye Traoré, pour veiller à la préservation d’une bonne image de notre capitale par la surveillance permanente des lieux publics comme les espaces verts, les monuments et la régulation des trottoirs, la Brigade urbaine pour la protection de l’environnement connue sous le sigle de la ‘’Bupe’’ compte aujourd’hui plus de 200 agents. Ils sont visibles en centre ville surtout aux alentours de l’Assemblée nationale. Dans ces différents endroits, ils côtoient en longueur de journée les vendeurs ambulants qui exercent sur les trottoirs. Mais, nous  avons vite remarqué que certains agents ont tendance à faillir à leur mission.

 

Il ressort de nos enquêtes que certains agents de la Brigade urbaine pour la protection de l’environnement rackettent les vendeurs ambulants. Un véritable business pour eux. Le montant de la rançon oscille entre 500 FCFA et 1000 FCFA. C’est le prix à payer pour leur quiétude. Les ‘’petits vendeurs’’ qui refusent de payer sont traités de récalcitrants. Ils verront leurs marchandises transférées à la mairie où ils paieront la somme de 3000 F CFA.

 

Corruption, concussion ? Allez savoir ! En tout cas, chez les brigadiers comme du coté des vendeurs ambulants, les avis sont partagés. Si certains agents de la Bupe nous jurent, la main sur le cœur, qu’ils n’ont jamais racketté et qu’ils ne le feront jamais, d’autres au contraire affirment que ce sont plutôt les ‘’petits vendeurs’’ qui leur proposent de l’argent afin de pouvoir rester sur les trottoirs. Quant aux vendeurs, eux, ils dénoncent un racket.

 

‘’On les arrange’’

 

Moustapha Cissé, agent de la Bupe , est formel : ils sont venus trouver les vendeurs sur place. ‘’Nous sommes au compte de la mairie. On a rien à voir avec eux’’. A en croire notre interlocuteur, le travail de la Brigade consiste seulement à dégager le trottoir et le goudron pour permettre aux passants de bien marcher. ‘’On passe toute la journée à dégager les gens du  trottoir. Ce n’est pas facile. S’ils insistent, on les laisse’’, a- t- il souligné. ‘’On n’a ni gaz, ni bâton pour dégager les occupants des lieux’’. De passage, il déclare qu’ils font beaucoup de bonnes choses qui échappent à la presse.

 

 A l’écouter, on comprend vite que le fait de prendre de l’argent n’est pas un fait aussi grave. ‘’C’est eux qui viennent nous supplier de prendre de l’argent. On les  arrange. Même la police le fait. Hier, les  policiers étaient là. Ils ont tout dégagé, après  les gens sont venus les voir avec de l’argent’’, martèle M Cissé. 

 

Contrairement à M Cissé, son collègue, M. Coulibaly explique le phénomène en ces termes, ‘’Notre rôle, c’est de dégager les gens du trottoir. Ce n’est pas facile. On les chasse. S’ils reviennent, le véhicule de la brigade en patrouille ramasse alors leurs objets. Arrivés à la mairie, ils paient de fortes amendes. Tu vois, quand les vendeurs ambulants n’occupent pas le trottoir, la circulation est fluide. Il n’y a pas beaucoup d’embouteillages. Du matin jusqu’à la nuit, nous sommes là pour dégager’’ les gens.

 

M. Coulibaly n’est cependant pas d’accord avec le terme ‘’racketteur’’. Tout comme cet autre agent qui a préféré garder l’anonymat. Ses camarades n’ont jamais racketté les vendeurs ambulants, leur boulot est de veiller à l’assainissement de la ville, la maintenance de la fluidité de la circulation, a-t-il conclu.

 

 

Dans le petit monde des ‘’crab-crab’’

 

Dans le petit monde de la débrouille en plein cœur du District, des ‘’crab -crab’’ comme on dit,  l’unanimité n’est pas non plus faite sur ‘’Ils ne sont pas nos amis’’.

 

’Ils ne sont pas nos amis’’.

 

 Abdoulaye Diallo, vendeur de ceintures au marché Railda se dit excédé par ces agents. ‘’Ils ne sont pas nos amis’’, déclare-t-il. ‘’Lorsqu’ils nous prennent, il faut payer 500 FCFA à leur poste’’.

 

Batoma les apprécie beaucoup

 

Batoma, elle, doit avoir un secret pour ne jamais tomber dans le filet des agents de la Bupe. Elle assiste ses camarades chaque fois qu’ils se trouvent en difficulté. Pour elle, les agents qui sont en poste aux alentours de la Maison des artisans sont ‘’négociables’’. C’est pourquoi, elle apprécie beaucoup leur comportement car, dit-elle, ils sont condamnés à vivre ensemble.

 

Pour autant, Batoma craint énormément leur véhicule de patrouille : s’il t’embarque, tu ne t’en tires  pas sans de grosses amendes.

 

‘’Pur racket’’

 

Daouda Diarra, lui,  ne décolère jamais contre ce qu’il considère comme un pur racket de la part des Brigadiers de Bamako. ‘’Je ne sais pas pourquoi ils veulent  nous empêcher de vendre ici, alors qu’ils nous prennent de l’argent’’, a-t-il déclaré.

 

                                                             Chiaka Doumbia  

 

Contacté par nos soins, le Directeur de la brigade urbaine pour la protection de l’environnement a souhaité d’abord prendre contact avec le nouveau maire sur certains aspects du fonctionnement de son service. Dans les prochaines parutions, nous tenterons de recueillir ses propos. 

 

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