Le retour en puissance d’Aziz Wonder

Publié le par MOEURS

« Le Reggae est Spirituel, donc Immortel »

 

Absent de 1999 au début de l’année 2006, l’artiste de Reggae Aziz Wonder, que nous avons rencontré récemment au Carrefour des Jeunes revient en puissance sur la scène musicale avec son nouvel album qui rend hommage à Tiéba et Babemba. Les autres titres sont intitulés : « Elections-Integration-One Africa-Dougoutigui Ka Tchikan et Bara ». La sortie de cet album est prévue entre fin janvier et début février. L’artiste est en pleine réalisation de son clip à Bamako et à Sikasso.

 

Pourquoi Aziz Wonder a-t-il tenu à chanter Tiéba et Babemba ? L’artiste nous a répondu que ce sont des héros qui ont résisté à la pénétration coloniale et que le Reggae glorifie la bravoure des personnalités. C’est une philosophie, dit-il, qu’il ne faut pas assimiler au griotisme. Le Reggae, explique-t-il, est spirituel, donc immortel. Il est différend des chansons de mode qui sont éphémères. Concernant l’intégration, Aziz Wonder a cité le précurseur rasta, Marcus Garvey, qui a œuvré pour le rapatriement des esclaves en Sierra Leone et au Libéria.

Marcus Garvey, précise-t-il, a milité pour une intégration africaine en négociant dans des conditions difficiles avec les gouvernements américain et anglais. Le titre « Elections » traite de l’actualité politique. Aziz Wonder soutient que la population est victime de la propagande des candidats qui ne tiennent pas leurs promesses. Il veut sensibiliser la population sur ces comportements qui sont de nature à engendrer des situations de révolte. L’artiste lance ce message aux élus : «Pensez au bien être des populations qui vous ont élus sinon elles se détourneront de vous et se dirigeront vers ceux qui tiennent leurs promesses ».

A l’écoute de ces paroles, son manager, M. Hamidou Sidibé a hoché la tête tout en confirmant : «ces élections ne seront pas faciles».

Aziz Wonder, de son vrai nom, Tiékoura Koné, est Sénoufo. Il est né le 19 mars 1960 à Sikasso, précisément à Fourou. Très jeune, il a eu la passion du Reggae. Après une enfance difficile, il s’est rendu en Jamaïque en 1982. Au pays des Rasta, il s’est inspiré de U-Roy, Bob Marley, Burning Spear.

L’artiste précise : « A l’origine, le Reggae était joué avec les instruments traditionnels : Jembé, Bongo, Conga. Ensuite, Bob Marley a utilisé des instruments modernes pour propager son message vers des horizons plus larges. Quant à moi, je suis un Rastaman qui prêche la paix, le courage, la justice, l’amour et le respect de son prochain ».

 

C’est en 1999 qu’Aziz Wonder réalise ‘’Tchama Tchama’’à Abidjan. Il revient au Mali avec l’album en 1993. Depuis ‘’Tchama Tchama’’, indique le Rastaman, il vit bien de son art en jouant dans les foires, en produisant des spectacles dans les régions et surtout grâce à la promotion de ses œuvres. Une longue maladie l’a terrassé de 1999 à 2006. Rétabli, il déclare qu’il revient en puissance. Il donne l’impression d’un artiste en pleine confiance en l’avenir et surtout en une musique qu’il dit : « spirituelle et immortelle puisqu’elle vient de Dieu ».

Il lance un appel aux sponsors et aux autorités pour l’aider à réaliser le lancement de cet album qu’il qualifie d’œuvre nationale. A ce propos, les thèmes portant  sur Tiéba, Babemba, Intégration et Elections ne le démentiront pas.

BO-DI-SO-DA

 

Aziz Wonder qualifie sa musique de ‘’BODISODA’’ qui se décompose comme suit :

BO : Boloni de Sikasso (instrument à 3 cordes-bass) ;

DI : Didadi, musique traditionnelle qui s’étend de Bougouni jusqu’en Côte d’Ivoire ;

SO : Sogonikoun, musique qui couvre le Wassoulou, Yanfolila et Koulikoro ;

DA : Dansa, jouée à Kayes.

 Baba Dembélé

 

Publicité

Publié dans moeurs

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article