Na Diakité, lauteur de Korolé
‘’Quand le tonnerre gronde, je prends la fuite’’
Na Diakité est originaire du Wassoulou, région de Sikasso. Elle a passé la majeure partie de son enfance en Côte d’Ivoire, chez sa tante Tirangué Diallo, mère de la cantatrice Ramata Diakité. Oumou Sangaré est une autre de ses tantes. C’est d’ailleurs au domicile de celle-ci que nous avons rencontré cette dame, pleine d’humanisme.
A 45 ans, Na est à son 4ème album qui se vend comme des ‘’chôfroufrou’’ –beignets de haricot- sur le marché grâce, surtout au morceau fétiche‘’Korolé ‘’ (ancien).
Que signifie pour vous ‘’Korolé’’ ?
‘’ Le Sogonikoun, Kamalé n’goni, n’donso n’goni, bourou, sigui, n ’gomba’’ sont des instruments de musique traditionnelle du Wassoulou que je chante, ici.
Je chante les anciens parce qu’on finit toujours par retourner aux sources. La fierté d’un homme, ce sont ses origines qu’il ne faut jamais renier. Je dis aussi qu’en dehors même de la mort, la vieillesse peut gâter beaucoup de choses. Quand on vieillit, tout n’est pas fini mais les forces diminuent.
Je chante les choses anciennes mais aussi les hommes anciens. Les deux se rejoignent. Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient.
Les enfants d’aujourd’hui sont-ils éduqués comme de par le passé?
Dans certaines familles, oui ! Mais, dans la plupart des cas, non ! Par exemple, chez nous, il n’y a pas de servante. Nos jeunes filles font la cuisine jusqu’à leur mariage, Oumou Sangaré même l’a fait.
Que pensez-vous du respect de nos jours ?
(Elle s’écrie !). Est-ce-que le respect existe encore ici - bas? Pour prétendre au respect, il faut être vachement riche, rouler dans une belle voiture, habiter une belle maison.
Et pourquoi ?
La pauvreté. Quand on est riche, forcément on est respecté. Mais, le pauvre ? Mon œil ! À moins que Dieu fasse de toi un homme respecté…
Le vrai bonheur, pour vous, c’est quoi?
C’est la santé ! J’ai de l’or, l’argent, des maisons…si je suis malade, c’est zéro.
Vous avez peur de quoi ?
Du grondement du tonnerre. Même si ça se produit tout de suite, je vous fausserai compagnie.
Vous aimez quoi ?
La liste est longue mais, en premier lieu, une longue vie, la santé, une bonne fin mais aussi ne pas dépendre de quelqu’un. La richesse appartient à Dieu, le quotidien, je souhaite l’avoir.
Ensuite, j’aime les boulettes de viande communément appelées ‘’lacrou’’
Vous regrettez quoi aujourd’hui ?
Rien ! Tant que je mange à ma faim, tout va bien !
Et pour finir ?
Je dis merci aux Maliennes et aux Maliens. Qu’ils achètent les cassettes frappées de l’insigne lumineux (Ndlr : les K7 authentiques) car c’est ce qui nous permet de vivre.
Binta Gadidaga