L’œil de Moeurs

Publié le par MOEURS

Champion dans le mauvais sens

 

De retour de l’école, Toto est radieux. Pas de  doute, c’est un événement exceptionnel qui a dû le mettre dans cet état de surexcitation, se sont dit ses parents :

 

‘’-Hey, Toto, quelle bonne nouvelle tu… ?- Qui vous a dit que la nouvelle est bonne, c’est ce qui se passe qui est parfois bon ;

 

-Oui, d’accord, passe. Qu’est ce qui s’est donc passé de si bon?

 

- Figurez-vous, répondit-il avec le même élan, que les résultats de la compo sont publiés et  je suis le premier…qui est venu après le …dernier’’

 

Contrairement à Toto, le Mali n’a pas fait grand bruit autour du dernier rapport le concernant comme il l’a fait récemment en réaction au classement suivant l’Idh du Pnud. D’ailleurs, chose bizarre mais compréhensible, aucun des rapports publiés ces temps-ci ne fait la part belle à notre pays.

 

De quoi traite donc le tout dernier ? De la corruption, de la lourdeur administrative, des prélèvements illégaux et autres pratiques peu enviables. Et, notre pays s’illustre du coup en première ligne en… battant tous les records !

 

En effet, le Rapport relatif aux premiers résultats de l’Observatoire de pratiques anormales sur les axes routiers inter- Etats épingle notre pays. Parmi les pays de l’Uemoa, fait-il remarquer, ce nos poulets qui sont les plus pourris pour appeler les ‘’deux pattes’’ par leurs noms. Démonstration : selon le fumant rapport, les perceptions illicites en pourcentage sur 100 Km par corps et par pays donnent 46% à la police malienne, soit le plus corrompu des pays de l’Uemoa. Quid  de nos pandores, leurs alter ego ? Leur exploit sur le noir tableau se chiffre à 13%. Le Rapport conclut que nos pieds serrés, habillés et payés de surcroît par l’Etat avec les sous des contribuables, glanent illicitement environ 95 milliards de nos francs. Cherchez ces sous à l’aide d’un projecteur allumé, vous ne verriez leurs traces.

 

Le Rapport commandité par l’Usaid est venu corser les suspicions qui pèsent sur les racketteurs de nos routes. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas demain la veille de la fin de ces pratiques et ce n’est pas faute d’avoir dénoncé ces pots de vin et ceux qui en profitent. Ce n’est malheureusement non plus avec le comportement qu’on leur connaît, où la passivité se le dispute à la discrimination et au bluff, que nos plus hautes autorités pourront juguler ces fléaux. Ce n’est pas le Végal qui dirait le contraire. Que faire alors ?

 

Prenez votre plume et envoyez-nous vos patriotiques contributions !

 

                                                                                                           Alhassane H. Maïga

 

 

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