Rebondissement dans laffaire de laide-soignante de lAscoka
Après avoir passé chacun sept jours au centre de détention de Bollé et à la prison de Kati l’aide-soignante, Sokona Diakité, et son médecin-chef et bourreau, Dr. Boubacar Sangaré, ont retrouvé lundi 6 mars la liberté provisoire à la demande de leurs avocats, adressée au procureur près le tribunal de 1ère instance de Kati, Ibrahim Sarr.
Le moins qu’on puisse dire c’est que le juge en charge du dossier, Yaya Karembé, semble vouloir aller jusqu’au bout de cette affaire pour donner l’exemple afin que nos centres de santé communautaires soient à jamais débarrassés des pratiques qui ne font honneur à aucune corporation socio -professionnelle du genre.
C’est l’agacement et la colère mal contenue à Kabalabougou depuis la mise aux arrêts et l’emprisonnement à Bollé de l’aide-soignante, Mlle Sokona Diakité victime de licenciement abusif, pendant que son bourreau, Dr Boubacar Sangaré médecin-chef de l’Ascoka, était envoyé manu militari à la prison de Kati. Aux réactions d’indignation de ceux qui en savaient quelque chose a succédé la confusion de ceux- plus nombreux- qui ne comprenaient rien à ce qui se passe.
Car au niveau de ce petit quartier périphérique de Bamako où ‘’chacun connaît chacun’’, tout avait cependant été mis en œuvre pour cacher à la majorité de la populace les péripéties qui ont entouré le licenciement de l’aide-soignante par le capitaine Adama Kéita (un homme influent dans le quartier). C’est ainsi qu’elle ignorait que l’Inspection régionale de travail, saisie par la victime elle-même, s’était opposée à son licenciement et signifié la violation de la législation de travail en vigueur au président de l’Ascoka, le capitaine Adama Kéita et au Dr. Boubacar Sangaré. Les quelques personnalités du village qui étaient au parfum de cette décision ont voulu amener le capitaine à la raison, mais en vain. Plus grave, ses collaborateurs directs, à savoir les autres membres du bureau de l’Ascoka n’ont pas daigné lever le petit doigt. L’aide –soignante avait-elle commis un crime pire que celui de se laisser abuser par le médecin-chef ?
C’est la moralité même de cette histoire qui agace aujourd’hui la brave population de Kabalabougou, frustrée par l’intransigeance et la mauvaise gestion de cette affaire par le président, le capitaine Adama Keita qui en a fait une question de baroud d’honneur sur la base de l’injustice, voire de l’abus d’autorité. Malgré l’intervention remarquée du chef de quartier pour un règlement à l’amiable, le capitaine est resté inflexible et rappelle à qui veut l’entendre qu’il est le président de l’Ascoka (sic !)
Dans cette affaire, Melle Sokona Diakité est accusée de faux et usage de faux. Mais l’on se pose ici la question de savoir comment. Car, selon l’opinion la plus répandue, la malheureuse aide-soignante n’est qu’une simple employée soumise aux ordres de ses supérieurs hiérarchiques, notamment le président ou le médecin-chef. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si celui –ci est inculpé pour lui avoir donné l’autorisation formelle pour suivre des cours parallèlement à son travail à l’école de santé ‘’Le Bouctou’’ pendant une année. C’est aussi grâce à la même autorisation qu’elle percevait de l’argent à la trésorerie.
Elle n’avait aucun problème jusque-là. Mais, il a fallu que la demoiselle Sokona Diakité eût le culot de refuser les avances du médecin-chef pour que ce dernier regrette les faveurs qu’il lui avait accordées, à savoir même cette autorisation allant jusqu’à détruire les rapports entre cette dernière et le président. Dans ce cas, soutiennent certains habitants qui tiennent à garder l’anonymat, l‘auteur du faux est à rechercher entre le président et le médecin-chef son protégé car ce n’est ni l’aide-soignante qui a établi l’autorisation, ni elle qui l’a signée. Approché par votre serviteur pour lui demander son point de vue sur les événements qui se passent dans son Cscom, le capitaine a répondu qu’il n’a rien à nous dire au motif que dans notre premier article sur cette affaire annonçant l’arrestation de la demoiselle en même temps que son bourreau (Mœurs n° 68 du…) nous ne l’aurions pas approché. Aussi, nous invita-t-il à nous rendre au tribunal de Kati pour plus d’amples informations.
Fakara Dembélé