Sachons raison garder !
Notre démocratie est en train de prendre un sérieux coup de fouet avec les nouvelles mœurs en cours. Elles sapent le peu de crédit de nos acteurs politiques de quelque bord qu’ils se trouvent ! Les spectaculaires retournements de veste, les virages à 190°, les légèretés, ils ne sont pas à un exploit près.
A l’issue des élections du 29 avril, des provocateurs sans peut-être réaliser toutes les conséquences éventuelles de leurs actes s’amusent avec des chiffres. Gardons-nous toutefois de paraître ridicules car certains chiffres tuent la démocratie.
Que le général puisse se prévaloir d’un certain charisme, que l’Adp revendique 2 / 3 des députés, 9000 conseillers communaux sur 12000, de 60 conseillers nationaux sur 72, c’est hasardeux pour un responsable comme Choguel de réclamer dans le contexte actuel le taux de 90% dans certaines zones. Les statistiques peuvent- elles nous conduire jusqu’à des taux de plus de 70% au 1e tour, d’autant plus que le taux de participation reste toujours bas?
Les Maliens qui ont pronostiqué le ‘’takokélén’’ dès le départ, commencent à écouter les résultats avec circonspection. Malgré leur talent, les responsables de l’Adp ont eu de la peine à faire passer de si grosses pilules en travers des gorges.
Le fait que les observateurs nationaux et internationaux ont avalisé ces chiffres a créé la situation que voici : l’opinion favorable au camp du président en fait son arme tandis que le camp adverse y trouve les motifs de tous les rejets parce qu’à son avis, la démocratie pluraliste en pâtit. Un taux de 70% dès le premier tour dans un Etat de droit ? Mon œil ! De quoi faire railler nos voisins !
Avec une participation de surcroît toujours aussi faible, des bulletins de vote déclarés ‘’en circulation’’ avant le jour du vote et des cartes d’électeurs signalées en possession d’individus non assermentés…Il y a de l’électricité dans l’air !
L’excès peut nuire en toutes choses. L’euphorie du ‘’takokélén’’ a-t-elle poussé des gens à faire douter des institutions de notre République ? En toute chose, il faut savoir raison garder. Même si Bongo a dit qu’on n’organise pas des élections pour les perdre.
Alhassane Maiga