Faut-il désespérer des enfants délinquants?.
A priori, non. La preuve, le cas du petit Adama
C’est dans un commissariat de la place, que nous avons rencontré Adama Coulibaly, placé en garde à vue depuis deux jours. Il attend d’être déféré pour la énième fois. Adama est un jeune homme de 17ans, sans domicile fixe, errant dans les marchés. Son boulot, il vit de vol à la sauvette. Il arrache les sacs à main des femmes, s’il n’introduit pas tout simplement sa main dans la poche des passants : femmes ou hommes, riches comme pauvres. Même les mendiants n’ont été épargnés! L’essentiel pour lui, c’est d’avoir de l’argent.
Comme beaucoup de jeunes de sa condition, il passe la journée dans les marchés, à se faufiler entre d’honnêtes gens, à la recherche de quoi voler. Plusieurs fois, il a été arrêté par la police. Aujourd’hui encore, il se retrouve devant les mêmes policiers, accusé, comme d’habitude, de vol.
Qu’est-ce qui peut bien expliquer cette tendance à la délinquance? Peut-on espérer un avenir pour lui et beaucoup d’autres enfants de son espèce?
Une enfance difficile
Adama Coulibaly dit avoir passé une enfance difficile. Il dit être issu d’une famille de neuf enfants. Son père -ferrailleur- et sa mère -sans emploi - sont divorcés depuis longtemps. Sa mère est retournée vivre chez ses parents à elle, abandonnant lui et ses autres frères.
‘’Je vis avec mon père, ma grande sœur et des demi-frères. Ma mère m’a laissé et est allée vivre chez ses parents. Mon père n’arrivait plus à payer ma scolarité. C’était ma sœur qui s’en était chargée. Elle vendait des beignets et son commerce ne marche pas toujours.
J’étais souvent renvoyé de l’école et, finalement, j’ai décidé d’arrêter’’.
C’est ainsi qu’il a abandonné l’école. Au lieu de rester toute la journée à ne rien faire, sa sœur le chargeait de vendre des petites bricoles. C’est dans ces conditions qu’il fit la connaissance d’autres jeunes qui ne font que voler dans les marchés. Ils l’entraînèrent. Une, deux, trois fois etc. et ça a toujours marché. Chaque fois, il rentrait à la maison, les mains chargées. Personne ne lui demandait la provenance mais tous étaient contents de l’accueillir.
L’espoir d’être récupéré
Cependant, plusieurs fois, Adama a été surpris en flagrant délit de vol comme ce fut le cas l’autre jour lorsqu’il a été copieusement battu par la foule avant d’atterrir au commissariat. C’est dans un état lamentable, les habits déchirés, le visage ensanglanté, que nous l’avons vu à
Comme Adama beaucoup d’autres enfants se sont retrouvés d’une manière ou d’une autre dans la délinquance.
La faute à qui ? A la société ? Ou aux parents, faute par eux d’avoir inculqué une bonne éducation à leurs progénitures ? Débats.
Binta Gadiaga