Descente aux enfers !

Publié le par MOEURS

Il y a des signes qui ne trompent pas. Il y a, comme l’écrivait à juste raison un respectable aîné avec le talent qu’on lui connaît, un véritable drame au Mali, dont les conséquences risquent d’être irrémédiables à terme si l’on ne se ressaisit pas pendant qu’il est encore temps. Ce drame avec ‘’D majuscule’’ s’appelle CRISE DE CONFIANCE.

Une des toutes dernières preuves de cela nous a été fournie au sortir du 1er tour des législatives. Donnant ainsi raison à ceux qui avaient prédit la dégringolade, vers les abysses du ridicule, du taux de participation. Si à l’élection présidentielle du 29 avril dernier, 64% des Maliens ont boudé les urnes, cette fois -ci,  ils sont bien 80% à afficher leur mépris souverain pour les centres, les bureaux de vote, les candidats, les bulletins, les partis, les observateurs, le général Kafou, la Ceni , la Dge de l’autre officier…Ils disent se foutre de tout le monde.

Le hic dans tout ça, c’est que leur absence des urnes relance la récurrente question sur la légitimité de nos élus. Bon dieu, s’ils pouvaient, enfin, réaliser que c’est à cause de leurs incartades, leur moralité au rabais, de leur comportement immoral et amoral en général, qu’ils ont chuté dans l’estime des Maliens. C’est désormais la descente aux enfers pour eux aussi bien que pour les autres acteurs politiques, ou de la vie publique, élus ou nommés, responsables ou non. Pourquoi les électeurs boudent les urnes ? Cette lancinante question revient plus que jamais sur les lèvres, à présent que les places électives se trouvent au centre des joutes.  Un fait notable pour s’en convaincre : le 1er juillet dernier, à la ‘’Base A’’, le premier des Maliens a été le 17è électeur à avoir déposé son bulletin dans l’urne, plus de deux heures d’horloge après l’ouverture des bureaux de vote. Constatant personnellement la très faible affluence, Amadou Toumani Touré a alors suggéré le passage du mode d’inscription d’office au mode d’inscription volontaire. Mais, selon toute vraisemblance, les politiciens et les législateurs ne se soucient guère trop de cette faiblesse du taux de participation aux différentes consultations électorales. Parce que certainement la loi électorale ne fixe aucun taux, un score de 0,1% étant susceptible de faire un candidat dans ces conditions sous les tropiques maliens.

Dire que, dans tout ça, la participation de la gent féminine, censée booster la mobilisation et l’engouement pour les urnes, a connu un progrès remarquable à ces législatives sans pour autant changer quoique ce soit. Car nombreuses étaient les femmes, non pas seulement en tant qu’électrices, mais surtout en tant que candidates. Par exemple, à Ségou, 26 listes comportent des femmes, soit un taux 44,07%. A Sikasso, 34 listes présentent des femmes avec un taux prestigieux de 39,93%. A Koulikoro, 32 listes ont réservé des places aux femmes, soit un taux de 40%. Un mal, une fois diagnostiquée, dit-on, est plus facile à combattre. Mais, encore faut-il que cette volonté existe. Ce qui est, hélas, loin d’être le cas. Plus nos acteurs sont sanctionnés par les électeurs pour leur comportement déplorable, plus ils en rajoutent. Que Dieu sauve le Mali !

Alhassane H. Maïga

 

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